[  1]  Mais sitost qu'un corps sensible,
[  2] 
comme l'air
qui se peut étendre
[  3]  ou prendre un plus grand volume, est interposé,
[  4]  alors cet attachement cesse, et les
[  5]  corps attachez se separent, parce que
[  6]  toute la place entre deux peut estre
[  7]  remplie par l'air qui
s'en fl
s'étend
[  8]  pour cet effect.        Partant
[  9]  celuy qui rendroit raison de cette regle, ou
loix
de cette loix de la Nature
[ 10]  rendroit raison en même temps de tous ces phenomenes.       
[ 11]  Pour rendre raison d'un phenomene
de la nature
[ 12]  il faut tousjours tacher
d'en
s'il est possible
de
l'expliquer
de l'expliquer
[ 13]  par d'autres phenomenes
plus connûs
[ 14] 
et plus universels
déja commun
dont
[ 15] 
la raison est déja connü, ou dont
[ 16] 
et se garder des hypotheses
autant
[ 17]  qu'il est possible pour cet effect.
[ 18]  J'ay taché de rendre raison de
[ 19]  tous les effects de la nature (au moins
[ 20]  en gros) sans me servir d'une Hypothese,
[ 21] 
et sa
ou
d'un autre principe, que
[ 22]  de ce phenomene incontestable, du
[ 23]  mouuement de la lumiere
du soleil
à l'entour
[ 24]  de la terre dans l'equateur et dans les cercles
[ 25]  parallels à l'equateur: dont je
[ 26]  tire la consequence d'un autre mouuement,
[ 27]  vers les poles par les meridiens, parce que
[ 28]  la matiere plus grossiere que
celle de
la lumiere,
[ 29]  mais moins grossiere que les corps sensibles
[ 30]  estant rejettés de l'equateur
[ 31]  et paralleles par le mouuement de la lumiere,
[ 32]  et ne pouuant pas aller vers le centre
[ 33]  à cause des corps plus grossiers, et chassées
[ 34]  vers les poles.        Car la lumiere par sa rapidité,
tache ou de dissiper ou de
[ 35]  rejetter tous les obstacles, et tous les corps
[ 36]  heterogenes
ou trop grossiers
qui troublent son mouuement,
[ 37]  vers l'endroit où le mouuement est moins rapide,
[ 38]  c'est à dire vers le centre, et (en cas
[ 39]  qu'il ne peut pas vers le centre)
[ 40]  vers le pole.       
Dont je ren
Mais en
[ 41] 
cas
que les corps ne peuuent pas estre
rejettez
[ 42] 
chassez
ny même dissipez
en une subtilité plus grande, (pour moins empecher par leur grossiereté)
, le mouuement general les fait prendre
[ 43]  au moins la place
et la situation
la plus propre selon la
[ 44]  bienseance universelle, pour estre empeché
[ 45]  le moins qu'il est possible. De ces consequences
[ 46]  necessaires d'un phenomene
general
incontestable
[ 47]  je tache de rendre raison des phenomenes
plus particuliers
[ 48]  de la pesanteur, du ressort, et de l'aimant;
[ 49]  et je crois
d'avoir
d'en pouuoir
[ 50]  tirer même quelque consequence, sans
[ 51]  faire aucune Hypothese nouuelle, pour
[ 52]  rendre raison de ces phenomenes de l'attachement dans le vuide, ou de la
[ 53]  loix de la continuation des corps sensibles.
Dont voicy la maniere
[ 54] 
Car selon
ce que
j'ay montré
j'espere de montrer
ailleurs
[ 55]  plus amplement, il s'ensuit de ce
[ 56]  mouuement
general,
publique,
[ 57]  la Regle generalle de
[ 58]  l'equilibre universel, c'est à dire,
[ 59] 
qu'ils
se trouuent des égales forces partout.
[ 60]  De sorte que la pesanteur compense le
[ 61]  ressort, la vitesse
[ 62]  compense la
matiere petite
petitesse
[ 63] 
le lieu compense le temps
[ 64] 
. Les consequences de cette regle
[ 65] 
sont tres importantes
La fermeté
du vase, le effort de la
[ 66] 
matiere enfermée
de l'obstacle
[ 67] 
l'effort
empeché
arresté.
[ 68] 
Par consequent
, s'il y a un lieu mal pourveu
[ 69]  de forces, et qui n'a pas assez de
[ 70]  resistance pour equilibrer les corps
[ 71]  ambiants, toute la nature s'efforcera
[ 72]  à luy faire ju–
[ 73]  stice, et dé–
[ 74]  tachera
[ 75]  autant que luy faut,
[ 76]  de toutes les autres parties
[ 77]  du monde, et cela en un moment.
[ 78] 
Par consequent
Il est aisé
d'ap–
[ 79]  pliquer cela à nostre propos, car aussi–
[ 80]  tost qu'on separe deux corps, comme deux
[ 81]  placques, il faut qu'il se
[ 82]  trouue un corps
de quelqu'effort
entre deux.
Autrement
[ 83] 
Pas à cause
de la crainte du vuide,
[ 84]  mais parce que toute la masse agit, contre
[ 85]  un lieu oû il n'y a point d'
[ 86]  effort. Car il y a point
[ 87]  d'air.
Mais on dira, qu'il y a de l'
[ 88] 
effort la dedans en effect
[ 89] 
Sçavoir
celuy du poids qui tache de separer
[ 90]  les corps, et qui peut bien égaler celuy du ressort
[ 91]  d'un peu d'air, qui s'y met par apres.
[ 92]  Je responds à cette objection assez difficile
[ 93]  en apparence; que la force de la pe–
[ 94]  santeur, ou d'un ressort (comme de
[ 95]  fer) est finie. Et se repose ayant atteint
[ 96]  son terme, celle de l'air est infinie.
[ 97]  Car il s'ouuriroit tousjours
, de sorte
[ 98] 
. Il faut
donc
dans ce lieu
ou de l'air, ou d'un corps
[ 99]  qui resiste à la pression generalle.
[100] 
Et par consequent tous les
[101] 
corps qui n'ont pas un effort
[102] 
de s'étendre se gelent, estant


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